Les sections PS de VALENCE AGGLO vous souhaitent une belle année 2010
24 décembre 2009 par chabeuil


Intervention au Conseil national du PS du 9 juin
Cher-e-s Camarades,
Tout à l’heure, un camarade, me prenant par le bras, me disait « je suis social démocrate et je pense que ton discours a trop déporté le parti sur la gauche, ce qui explique que tant de voix se soient déplacées des socialistes vers les verts. »
Je me demande parfois pourquoi on ne se respecte pas davantage, pourquoi on s’inflige ce type d’analyse grossière et pourquoi on ne regarde pas la réalité de notre échec collectif en face. Je me demande pourquoi, alors qu’on vient d’enregistrer un échec, après trois défaites successives à des scrutins nationaux, on en est encore à penser que, dans la bataille de l’interprétation, il y a encore une petite place à gratter, une petite victoire à emporter. Je me demande pourquoi on en est encore à essayer d’enfoncer un peu plus les uns pour se renforcer un peu plus soi-même. J’en prends ma part, je n’ai jamais prétendu être exemplaire mais je pense que ce qu’on attend de nous, à l’issue d’une campagne difficile, c’est que nous nous respections. Nous appartenons à une grande formation politique qui mérite, à défaut de s’aimer tous, le respect.
Je voudrais remercier tous ces militants qui, dans une campagne qui n’était pas facile parce qu’on ne nous aura rien épargné, ont mis leur orgueil et leurs états d’âme dans leur poche. Je remercie ces camarades qui ont décidé de faire campagne pour le PS, certains avec beaucoup d’engagement et d’envie et d’autres simplement par devoir parce qu’il fallait travailler pour le parti.
Je voudrais dire en quelques mots ce que je vois à l’issue de cette élection. Nous avons obtenu 2,1 millions de voix de moins qu’en 2004. L’extrême gauche en a recueilli 600 000 de plus et les Verts 1,5 million de plus, soit 2,1 millions au total. Il y a sans doute des voix qui se sont éparpillées ailleurs mais pour l’essentiel c’est au sein de la gauche que les voix se sont redistribuées. La question qui nous est donc posée aujourd’hui c’est de savoir comment il se fait que les classes populaires ne votent plus pour nous et pire, qu’elles aient pris l’habitude de ne plus venir voter. Si on veut préparer 2012, il va falloir d’abord savoir régler cette question là dans les trois ans qui viennent. C’est une question centrale.
Objectivement, la sociale-démocratie européenne - nous le disons tous avec nos mots – n’en finit pas d’être en crise. C’est même de ses rangs qu’est venu le principal argument qui nous a mis à genou, au début de la campagne. Certains pensaient d’un côté qu’il fallait faire campagne, parler de la crise économique et sociale et offrir des solutions et de l’autre que Barroso devait rester président de la commission. Les choses, hélas, ne changent pas beaucoup.
Pour cette législature, nous n’aurons, je crois, que 157 euro-députés socialistes. J’observe que les pays dans lesquels nous avons fait un bon score étaient ceux où le débat était le plus clivé. J’observe que là où les camarades ont gouverné en coalition, là où ils s’étaient considérablement recentrés, là où les sociaux démocrates ont mis plus de temps à tirer les leçons de la crise que les libéraux, ils ont connu des échecs comparables ou pires que celui que nous connaissons de notre côté. Quand Mme Lagarde demande que les déficits liés à la crise soient mis de côté, qui s’oppose à cela ? Deux socialistes européens. D’un côté Joaquin Amunia commissaire des affaires économiques et monétaires issu du PSOE et le ministre des finances allemand Peer Steinbrück du SPD. Ce sont des camarades, qui sur la question du pacte de stabilité et de croissance qui - alors que Mme Lagarde ne peut pas être suspecte d’une grande conversion sociale et régulatrice - défendent l’orthodoxie libérale. Cette crise de la sociale démocratie existe, ne soyons pas dans le déni. Ne soyons pas dans le déni parce que cette crise explique aussi pourquoi certaines thèses que nous avons défendues ensemble au sein du Parti socialiste européen - quelque soit notre appartenance à un courant ou à un autre - n’aient pas été entendues.
Nous avons deux tâches historiques : préparer demain la manière dont la gauche socialiste française va reconquérir le pouvoir et préparer la refondation de la sociale démocratie européenne.
C’est pour ça que je pense que la réponse à ce que nous venons de vivre ne peut pas être une affaire de design, de mode, de changement de dispositif. La réponse ne peut pas être de refaire ce que nous avons trop souvent fait : changer un peu le discours, changer tel camarade par un autre et espérer que tout ira mieux. Le problème que nous avons, cher-e-s camarades, c’est que nous ne faisons plus envie et même lorsque nous disons des choses intéressantes, les gens ne croient plus en nous. Sur les marchés, lors des porte-à-porte, en campagne, on nous demandait ce que nous ferions de si différent par rapport aux libéraux. Et quand on arrivait à faire des propositions, on nous demandait si nous étions capables de gouverner malgré les divisions internes. Nous l’avons tous vécu. Nous n’arrivons pas à incarner une alternative au modèle libéral, ni une alternance. Nous sommes tous responsables de cette incapacité et je ne m’exclus pas de ce constat.
Nous avons tout de même une base, 17 %, qui nous laisse quelques raisons de croire que nous sommes légitimes pour engager une nouvelle étape historique. Tous les partis de gauche ont entrepris une tâche qui est celle de leur propre dépassement : à l’extrême gauche avec la création du NPA, à notre gauche avec la création du Front de gauche, - même si ce parti n’obtient que 31000 voix de plus qu’en 2004, alors qu’à l’époque il y avait un gros vote utile favorable aux socialistes -, et du côté des Verts avec la création d’Europe écologie qui est un dépassement réussi de ce qui était jusqu’ici leur identité.
Il nous revient, aujourd’hui, de nous inscrire aussi dans ce processus de dépassement. C’est ma conviction. Je ne crois pas que ce soit dans un énième rebond interne, autour d’un énième casting différent, que nous arriverons à proposer une alternance et une alternative crédibles au modèle libéral.
Alors comment réussir ce dépassement du PS ? Je pense que nous devons nous laisser submerger par un processus politique qui aboutira à la constitution d’une maison commune de la gauche, - pour reprendre les mots de Martine -, avec trois ingrédients.
Premièrement, le projet. J’observe, d’ailleurs, que tout le monde se pose les mêmes questions à gauche : le rôle de l’état, les régulations possibles au niveau national et international, les protections, les salaires, la répartition capital – travail, la protection de l’environnement, etc. Nous nous posons toutes ces questions de la même manière. Bien que nous ne les hiérarchisions de la même façon, il devrait être facile de réunir autour d’une table les dirigeants politiques et militants des partis de gauche pour en discuter.
Deuxièmement, l’échéance de 2012. Je suis personnellement favorable à un candidat unique de la gauche mais nous devons poser cette question sans préalable et sans imposer un ordre de discussion.
Et enfin avec un seul objectif : nous mettre en situation de battre Nicolas Sarkozy, au nom et avec le soutien des classes populaires et moyennes.
Si nous parvenons à ce dépassement, sans préalable, sans volonté hégémonique, sans dicter nous-mêmes l’agenda, je pense que le PS trouvera là le moyen de se refonder et de redevenir le porteur d’une espérance politique. Je souhaite que nous fixions dès cette semaine cette ambition. Je souhaite que nous proposions publiquement à nos partenaires cette offre de travail commun.
Je vous remercie.
Benoît Hamon
A l’approche des Européennes, les sondages se multiplient. Mais, au vrai, ces dernières années, journalistes sans idées, professionnels de la politique et experts auto-proclamés en «plans médias» en commandent toujours plus. Pire : ils s’en recommandent pour bâtir communications, programmes et stratégies. Faut-il croire les sondages? On sait depuis Pierre Bourdieu que «l’opinion publique n’existe pas», indépendamment de sa fabrication par les sondeurs. Opinion Way va plus loin, mais constitue un cas d’école.
Se reporter au site neuf mais d’utilité publique : http://www.observatoire-des-sondages.org.
Par Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université Paris X – Nanterre, auteur de L’ivresse des sondages, Paris, La Découverte, 2002..
L’entreprise de sondages en ligne Opinion Way remplace TNS-Sofres comme partenaire de TF1 pour les élections européennes de juin 2008. Au-delà de l’événement commercial, c’est un tournant dans l’histoire des sondages politiques. Opinion Way réalise en effet des sondages en ligne et non par téléphone ou en face-à-face comme les anciens instituts. Dans son rapport sur l’élection présidentielle de 2007, la commission des sondages avait exclu ce type de sondages de son contrôle. Malgré une visite d’explication de la méthodologie effectuée par les responsables de l’entreprise. A plusieurs reprises cependant, les enquêtes d’Opinion Way faisaient état de la mention légale «fiche détaillée disponible à la commission des sondages». On pouvait deviner une effort de longue haleine pour obtenir la reconnaissance officielle. Alors que ces notices sont légalement accessibles aux citoyens, nos demandes réitérées d’éclaircissement sont demeurées sans réponse. La reconnaissance a donc été enfin accordée en catimini.
Ce dénouement était prévisible pour une raison économique de coûts : les sondages en ligne sont moins coûteux et l’on sait que les enquêteurs téléphoniques ont de plus en plus de mal à trouver des sondés. L’évolution était donc inscrite dans l’évolution économique de cette activité. D’autre part, les liens politiques existant entre les dirigeants d’Opinion Way et l’UMP et donc l’Elysée aujourd’hui, sont bien connus. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que TF1, chaîne de télévision proche de Nicolas Sarkozy, choisisse ce nouveau partenaire pour couvrir les élections européennes comme un banc d’essai pour les futures élections présidentielles.
La reconnaissance par la commission des sondages, organe officiel de contrôle composé de hauts fonctionnaires, est autrement problématique. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner les pressions du pouvoir. La question de la rigueur méthodologique des sondages en ligne aurait-elle été résolue pour justifier son revirement ? La réponse est bien évidemment négative. Selon une étude effectuée en 2006 par Esomar, organisme européen regroupant les instituts de marketing et donc peu suspecte de critique excessive, les sondages en ligne ne sont guère fiables puisque 57 % des internautes admettent mentir. Mais plutôt que les graves questions méthodologiques sur la représentativité des échantillons d’internautes et autres problèmes de questionnement, l’usage d’internet introduit un changement capital dans ce qu’on pourrait appeler l’économie morale des sondages. Les internautes ne sont en effet plus sollicités au nom d’une expression citoyenne et gratuite mais en se voyant offrir la chance de gagner à un jeu de loterie des biens de consommation (appareils photos, bons d’achat, etc.). En d’autres termes, les nouveaux sondages sur les opinions politiques ou les intentions de vote sont donc payés aux sondés. Est-il besoin d’insister sur la révolution de principe introduite par ces sondages quand on sait par ailleurs la place croissante que les sondages ont prise dans la politique des régimes démocratiques.
Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article249
L’Europe politique est-elle devenue un scénario impossible ? Elle est toujours éminemment souhaitable. Il y a une identité européenne, autour de ce que Bronislaw Geremek appelait «l’irréductibilité de la dignité humaine», qui s’incarne dans le modèle social de l’Etat-providence. Ce modèle a été réévalué par la crise financière et l’effondrement du modèle néolibéral : ce n’est plus la «Vieille Europe», mais le nouveau «Nouveau Monde». Des institutions politiques sont nécessaires pour porter le modèle européen, et le projeter sur la scène internationale. Mais il est vrai que la fenêtre d’opportunité, grande ouverte au cours des années 90, s’est refermée. L’objectif des pères fondateurs, c’était que la construction économique européenne ait un jour la masse critique pour basculer vers l’Europe politique. Pour leurs héritiers, ce jour est venu avec la chute du Mur de Berlin. Elle offrait la dynamique politique, dans l’enthousiasme de la réunification du continent. Témoignage de cette volonté, le changement de dénomination de l’Europe opérée par le traité de Maastricht en 1992 : de la Communauté économique européenne à l’Union européenne – de l’Europe technique à l’Europe politique. Pourtant, négociations après négociations, – traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), Constitution européenne (2004), traité de Lisbonne (2007)–, l’Europe politique est repoussée.
Aujourd’hui, les énergies se sont épuisées, la flamme est presque éteinte. Il reste pourtant un espoir. Une Ire République européenne peut encore voir le jour. Mais elle ne se fera pas avec les moteurs du passé. Les gouvernements ont fait l’Europe par la diplomatie, à coups de traités intergouvernementaux, depuis le traité de Rome : ce moteur est cassé.
L’Europe politique ne pourra se faire qu’à traité constant. L’élargissement est passé par là. La réforme institutionnelle était difficile à quinze ; elle relève de la mission impossible à vingt-sept. De toute manière, on ne peut pas attendre des gouvernements, dépositaires de la souveraineté nationale, qu’ils construisent la souveraineté européenne. Le moteur d’hier, c’est la Commission. Elle a fait l’Europe, par sa dynamique et ses initiatives. Mais elle ne veut pas faire l’Europe politique. La clé de l’avenir se trouve ailleurs, au Parlement européen, dernière institution où souffle «l’esprit européen». Le Parlement européen est l’institution qui représente les citoyens : c’est à elle que revient de bâtir l’Europe démocratique. Le point central pour faire la bascule fédérale, c’est de transformer la Commission, aujourd’hui exécutif technique nommé par les Etats, en véritable gouvernement politique responsable devant les citoyens européens. Le Parlement peut le faire : il a les moyens de repousser les nominations des Etats et d’imposer une Commission issue de la majorité politique sortie des urnes. La bataille peut se livrer dans le cadre de ces élections. C’est ce que propose la gauche : si elle est majoritaire au Parlement, elle cherchera à écarter José Manuel Barroso, le président sortant de la Commission, conservateur, au profit d’un candidat issu de ses rangs. Mais les règles du jeu ne sont pas les mêmes avec ou sans le traité de Lisbonne. Sans lui, il faudra un véritable «coup d’Etat» politique du Parlement pour passer à l’Europe fédérale. Avec lui, l’opportunité juridique est ouverte et il reviendra alors aux parlementaires de prendre leur responsabilité. Mais pour que l’Europe politique voie le jour, notre génération doit prendre le relais. La génération d’après-guerre a réalisé la première étape européenne : elle l’a menée de la guerre à la paix, de la ruine à la prospérité. Nous devons bâtir la seconde étape, de l’intégration économique à la puissance politique. Le Parlement sera son théâtre d’opérations.
Vincent Peillon

A 4 jours des élections européennes, nous comptons sur votre présence au dernier meeting de Vincent Peillon et de ses co listiers! Avec Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean Jack Queyranne, président de la région Rhone Alpes Martine Roure, eurodéputée sortante et notamment Sylvie Guillaume, 2e de la liste, Farida Boudaoud, 4e de la liste.